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Traitements

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1 - Les différents traitements
2 - Particularités de la French méthode utilisée à l'hôpital Saint Vincent de Paul
3 - Chronologie du traitement kinésithérapique fonctionnel du P.B.V.E. protocole de l'hôpital Saint Vincent de Paul (Paris)


Les différents traitements

Il existe de nombreux moyens, différents selon les équipes orthopédiques, chirurgicales et paramédicales pour corriger un PBVE. Chaque pied bot est un cas particulier, le traitement doit être adapté à chaque enfant.

Traitement fonctionnel.
En général il associe kinésithérapie et contentions (systèmes de maintien entre les séances chez le kinésithérapeute). En fonction des résultats, la chirurgie interviendra pendant les deux premières années et même tout au long de la croissance.

La kinésithérapie.
Elle est la plus précoce possible quotidienne au début, avec un bébé calme, détendu. Les mobilisations sont douces et ont pour but de restaurer progressivement la mobilité. Il ne faut pratiquer aucune hypercorrection.

Traitement par plâtres.
Des plâtres correcteurs successifs peuvent être confectionnés dès le début du traitement par le chirurgien orthopédiste. Platre cruropédieux (cuisse, jambe et pied), botte platrée (jambe et pied). Ils sont renouvelés chaque semaine. Trois possibilitées, plâtres pendant un mois, plâtres pendant plusieurs mois, plâtres ponctuels (vacances, récidives). Dans la méthode Ponsetti il y a huit plâtres pendant huit semaines puis un geste chirurgical sur le tendon d'achille et des attelles nocturnes pendant quatre ans, en France on associe la kinésithérapie.

Traitement par bandages.
Certaines équipes privilégient les bandages ou la pose de sparadrap élastique. Ce mode de contention léger est nécessaire pour conserver les acquis de la séance de kinésithérapie.

Traitement par plaquettes.
Fixées sous la voute plantaire par du sparadrap non élastique, elles permettent de maintenir et même de prolonguer la correction des pieds en dehors des séances de kinésithérapie. Elles s'adaptent aux différentes attelles pour obtenir le redressement du pied par rapport à la jambe.

Traitement par attelles.
Les attelles de Dennis Browne solidarisent les deux pieds par une barre. L'attelle cruro-pédieuse en résine thermoformable est changée très régulièrement pour suivre la croissance de l'enfant et les gains acquis lors des séances de kinésithérapie. Elles sont refaites au départ toutes les semaines, puis tous les quinze jours, tous les mois etc... L'attelle articulée libère le genou. Lorsque la correction est satisfaisante dans la journée, l'attelle cruro-pédieuse en résine thermoformable sera remplacée par une attelle courte ou attelle botte qui libère le genou.

Traitement par appareil de mobilisation.
Cet appareil est éfficace car le pied solidarisé par une plaquette à l'arthromoteur, est mobilisé toutes les nuits. La mise en route est délicate et nécessite un apprentissage des parents en milieu hospitalier.


Particularités de la méthode utilisée à l'hôpital Saint Vincent de Paul (Paris)

Notre salle de kinésithérapie est un lieu ouvert, de rencontre entre les soignants et les parents concernés. Ce climat convivial incite les familles à se parler, à échanger entre elles et les rassure.

La méthode  fonctionnelle associe la kinésithérapie et des moyens de contention entre les séances. Le traitement rigoureux se compose globalement de trois étapes successives adaptées au développement psychomoteur de l'enfant.

Pendant la première période, ou "phase de réduction", les séances sont quotidiennes et les contentions permanentes. Plusieurs manipulations vont être pratiquées sur un enfant détendu voire endormi. (Postures, étirements et stimulations musculaires)
1- La dérotation du bloc calcanéopédieux permet de corriger l'adduction globale du pied par rapport au talus (astragale) et à la jambe qui constitue "l'unité talo-tibio-fibulaire". Cette première manoeuvre est en quelque sorte une manière de "contact" permettant de tester globalement les rétractions, la facilité de relâchement de l'enfant, la dose de correction à ne pas dépasser
2- La décoaptation de l'os naviculaire (scaphoïde) par rapport au tibia, prolongé par la décoaptation de l'os naviculaire par rapport au talus, va aboutir progressivement au réalignement de l'arche interne.
3- La correction de l'équin peut faire l'objet de différentes prises d'étirement du tendon d'achille par traction du calcanéum exclusivement interdisant ainsi toute fausse correction sagittale dans la médiotarsienne.
4- Enfin la voute plantaire objective la correction de l'adduction de l'articulation médiotarsienne et d'un éventuel creux associé.
En fonction des progrés obtenus ces manoeuvres peuvent se combiner les unes avec les autres aboutissant à terme à la réintégration du talus.

Pour conserver le bénéfice des corrections manuelles et prolonger le geste kinésithérapique, le pied est installé sur une plaquette avec des bandes de sparadrap non extensibles et hypoallergéniques (Pose des plaquettes). La protection de la peau par différents moyens est indispensable, pendant cette période une plaquette plane est utilisée. Deux bandes posées sur le bord interne du pied exercent une traction bipolaire opposée de l'arche interne. La première bande tracte l'avant pied vers l'avant, la seconde fixe l'avant pied tracté sur la plaquette. La troisième bande étire l'arrière pied vers l'arrière, la quatrième accroche la grosse tubérosité du calcanéum et se rabat sans traction de part et d'autre de la plaquette. La cinquième verticale solidarise le calcanéum à la plaquette, en aucun cas le calcanéum ne doit se décoller de la plaquette. La sixième bande dite en spartiate est collée sous la médiotarsienne, chaque chef latéral refixe la grosse tubérosité du calcanéum et se rabat de part et d'autre sur la plaquette. La septième bande verticale de calcanéum assure une bonne solidarisation. Enfin la huitième bande de sparadrap élastique termine le montage.

La coloration du pied doit rester normale du début jusqu'à la fin de la pose.

Pour corriger le pied par rapport à la jambe une attelle fémoro-pédieuse en matériel thermoformable est confectionnée et adaptée en fonction des données cliniques, elle n'est jamais d'hypercorrigée (Pose des attelles cruro-pédieuses et des bottes).

La deuxième période est une "phase d'entretien" voire d'amélioration fonctionnelle du résultat obtenu précédemment, qui se poursuit jusqu'à la verticalisation de l'enfant. La kinésithérapie est pratiquée trois fois par semaine, les mobilisations effectuées sont les mêmes que dans la période précédente. On y ajoute la mobilisation en flexion dorsale et en flexion plantaire de l'articulation tibio-tarsienne de façon à surveiller l'installation d'une éventuelle rétraction du tibial antérieur, nocive car varisante.

Le travail actif des muscles fibulaires ou péronniers par stimulations cutanées sur le bord externe du pied peut alors être entrepris. Le renforcement du long fibulaire assurera un bon appui antéro-interne lors de la marche. Enfin l'implication des familles dans le traitement, autorise un peu de souplesse vis à vis de celui-ci.

Pour ce qui concerne les contentions une plaquette incurvée, à concavité plantaire est utilisée. Elle permet un meilleur étirement du tendon d'achille tout en protégeant l'articulation médiotarsienne dans le plan sagittal, évitant ainsi la déformation en pied convexe. Dans la journée une attelle courte est suffisante, elle laisse plus d'autonomie à l'enfant qui va acquérir la station assise puis le quatre pattes. La nuit l'attelle longue est toujours de rigueur.

La troisième période est celle de la verticalisation et de la marche. Plaquette et attelle courte ne sont pas une entrave à ses acquisitions. Plus l'enfant se verticalise, plus il est libéré des contentions dans la journée. La marche pied nu est recommandée et nous permet d'apprécier les défauts résiduels de façon à pouvoir les corriger par la kinésithérapie et les moyens de contention nocturne. Les séances de kinésithérapie s'espacent de plus en plus pour ne devenir qu'une simple surveillance afin de dépister tout risque de récidive. La nuit, de petites attelles sont conservées si le résultat est bon (orientation du pied correcte; flexion dorsale positive, péroniers très forts) sinon, il faudra continuer le port des attelles fémoro-pédieuses.

Dans 80% des cas les résultats sont bons et les enfants ne seront pas opérés. Rarement une ténotomie percutanée du tendon d'achille (qui ne nécessite qu'une anesthésie locale) suivi d'un plâtre fémoro-pédieux pendant trois semaines peut être proposé dès l'âge de quatre à six mois.

Ce geste à minima facilite la poursuite du traitement kinésithérapique. Quand une chirurgie plus invasive est nécessaire l'indication peut être posée dès que l'enfant se verticalise, puis à tout moment si le résultat se dégrade, car un pied bot n'est jamais dit guéri avant la fin de la croissance. Quoiqu'il en soit, bien traité, le pied bot varus équin ne doit plus être considéré comme un handicap. L'enfant doit être chaussé normalement; les sports et les loisirs de plein air sont vivement encouragés.

 


Chronologie du traitement kinésithérapique fonctionnel du P.B.V.E. protocole de l'hôpital Saint Vincent de Paul (Paris)

Phase initiale, ou période de réduction des déformations: de la naissance à la 8ème semaine.

En dehors de la technique pure, c'est la période où il faut rassurer les familles. La salle de kinésithérapie est un lieu de dialogue, d'échange et de rencontre.

Kinésithérapie 5 ou 3 fois par semaine selon le contexte et la sévérité de l'atteinte.

Mobilisations passives:
Dérotation du bloc calcanéo-pédieux.
Décoaptation du scaphoïde.
Etirement de l'arche interne.
Correction de l'adduction médio-tarsienne.
Etirement du tendon d'achille

Contentions:

Dès le dédut du traitement, pose de plaquette avec traction de l'arche interne et traction calcanéenne pour prolonger l'acte kinésithérapique. Attelle cruropédieuse.

Deuxième phase, ou période d'entretien, de la 8 ème semaine à la station debout.

Amélioration puis entretien du résultat. C'est pendant cette période que l'équipe implique les familles à quelques mobilisations simples passives (étirement du tendon d'achille), actives (travail des péroniers) et à la pose des plaquettes. Autonomisation des familles.

La fréquence des séances de kinésithérapie diminue.

Mêmes mobilisations passives + mobilisation de la tibio-tarsienne en flexion plantaire et dorsale.

Travail actif des péroniers.

Plaquettes à convexité supérieure pour mieux étirer le tendon d'achille et à bord rectiligne.

Attelle courte pour la journée dès que l'enfant tient spontanément son pied en bonne position.

Attelle cruro-pédieuse pour la sieste et la nuit.

Phase de pré-appui et d'appui, ou période de verticalisation et de marche.

Le chaussage est normal, les loisirs et les activités sportives sont encouragés.

La fréquence des séances de kinésithérapie diminue.

Mobilisations passives d'entretien.

Travail actif (ludothérapie).

Marche avec plaquette.

Surveillance et vigilance quant à la diminution de la flexion dorsale de la tibio-tarsienne et la marche sur le bord externe du pied.

Attelle nocturne courte ou cruro-pédieuse selon le résultat fonctionnel.

De la bonne observance de ces règles, de la persévérance et de l'étroite collaboration des familles au travail de l'équipe soignante (médecin, kinésithérapeute hôspitalier, kinésithérapeute libéral) dépend la réussite du traitement fonctionnel.


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©-Date de dernière mise à jour : 11/11/2010